L’hypermobilité

airlines.jpgC’est dans nos gênes d’êtres humains, nous aimons les voyages. Une sorte de vieux réflexe atavique qui titille le sédentaire, ça doit remonter aux temps lointains où nous étions tous des nomades. Après tout, le mouvement est sain : il a trait à la curiosité naturelle, au renouvellement et à la liberté. Mais aujourd’hui, sa logique a été poussée jusqu’à l’absurde, elle s’essouffle. Bienvenue dans l’ère de l’hypermobilité. Nous sommes de plus en plus loin de tout, géographiquement parlant. Mais personne ne le ressent parce que tout notre mode de vie est basé sur la mobilité. Nous prenons la voiture, le bus, le train, l’avion, le métro. Tout ça va très très vite mais fait un peu perdre la notion des distances. . Chaque gouvernement, quelle que soit sa couleur politique ou sa nationalité cherche à encourager cette mobilité en abaissant le coût de l’automobile, construisant de nouvelles voies ferrées, des autoroutes et des aéroports. Pendant ce temps, les centres urbains historiques se vident et deviennent des musées ou des galeries marchandes à ciel ouvert. Les villes dortoirs grossissent tranquillement à la périphérie. La cohésion sociale en prend un coup, mais ça n’est pas grave. Les enfants deviennent obèses parce qu’ils ne peuvent plus aller à l’école à pied, mais tant pis. La moitié des camions qui roulent sur l’autoroute sont vides, tant pis encore… Je ne suis pas en train de faire la morale à qui que ce soit, je suis le premier fautif. Je suis étudiant, ma fac se trouve à des centaines de kilomètres de chez moi. Je fais partie de la horde migratoire en perpétuel va-et-vient polluant. Je pense simplement l’hypermobilité fait naître un mirage : plus une chose est lointaine géographiquement mieux elle est. A terme, ce sont les liens de proximité, les relations de bon voisinage et d’autres chose encore au moins aussi rétro qui sont menacées. . Le prix de l’énergie aidant, les politiques d’aménagement du territoire seront un jour forcées de favoriser le maintien des petites structures locales (cliniques, bureaux de poste, crêches) au lieu de développer encore un peu plus les infrastructures régionales et les voies de communication. A moins que quelqu’un découvre d’ici là une énergie propre, bon marché et fiable. Hu hu je plaisante. (jaune)

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