Elections au Brésil : ordem e progresso

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Aujourd’hui, 135 millions de brésiliens votent. Plus de la moitié s’apprête à le faire directement pour la protégée de Lula, Dilma Rousseff. 70 millions de citoyens ont donc la même opinion sur la voie que doit emprunter leur pays dans l’avenir. Ce chiffre, par ailleurs impressionnant, a vraiment de quoi faire rêver tout démocrate.

 

Il faut dire que Lula, grand homme d’Etat, mais aussi grand communicant devant l’éternel, a su jouer sur tous les tableaux pour faire de son pays un endroit meilleur à vivre et un modèle alternatif de développement. Il a réduit les inégalités, auparavant très marquées, créé les conditions d’un enrichissement des classes moyennes (aujourd’hui, le brésilien moyen est plus riche que le chinois moyen), dégagé son pays de la tutelle du FMI en remboursant les derniers prêts consentis.

 

On a l’impression que même si Dilma Rousseff ne brille pas par son charisme, sa voie est toute tracée. Les perspectives du Brésil sont claires et dégagées, elle n’a plus qu’à "gérer" une situation favorable.

 

Pourtant, tout n’est pas parfait au pays de l’ordre et du progrès. Premièrement, c’est quand même une économie qui dépend cruellement de son secteur primaire, agriculture et pétrole. Certes, le Brésil, via Petrobras, vient de découvrir de prodigieuses réserves d’hydrocarbures sous la mer, ce qui -on ne se le cache pas- est plutôt une bonne nouvelle. Mais le renforcement d’un secteur primaire déjà auparavant dominant se fait au détriment des autres secteurs de l’économie (industrie/services) et expose l’économie brésilienne aux soubresauts d’un marché mondial des matières premières toujours instable et volatil.

 

D’autre part, le pari du tout-éthanol reste un mystère, doublé d’une absurdité écologique. L’agriculture du Brésil est très extensive, elle ronge des pans entiers forêt amazonienne et la production d’éthanol accélère un processus de déforestation nuisible pour la planète entière. Enfin, quand on sait qu’il faut un litre de pétrole pour fabriquer un litre d’éthanol, on prend la mesure de l’absurdité de la chose. A part à épuiser les sols, il faudra donc m’expliquer quel est le rôle des biocarburants.

 

Ceci dit, le Brésil est un pays fascinant à bien des égards, ancien et moderne à la fois, et dont le rayonnement culturel, économique et politique est largement mérité. Ordem e Progresso.

 

 

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