Diplomatie américaine : retour en force

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Cela ne fait que quelques mois que Barrack Obama est à la maison blanche, mais il a déjà réussi à renverser complètement les priorités du pachidermique U.S Department of State, équivalent de notre ministère des affaires étrangères. Compte tenu de l’inertie de cette administration, c’est un véritable exploit.

 

Là ou Bush Jr. et les neo-conservateurs ont tué le leadership moral de leur pays en déclenchant une guerre absurde sur la base de fausses preuves, Obama lui redonne du sens à l’action des USA.

 

D’abord, il met un terme à la posture du “choc des civilisations” et pratique une politique de la main tendue : c’est le discours du Caire. Certes, cela ne changera pas l’attitude de certains groupes (frères musulmans, Hezbollah) ou régimes radicaux comme l’Iran, mais cela va contribuer à les isoler. Sans doute ce discours à contribué à amplifier les manifestations anti-Ahmadinejhad.

 

Ensuite, il se focalise sur le problème N° 1 pour la stabilité du monde, la paix au Moyen-Orient. Là aussi, exploit : Obama a fait preuve de fermeté envers l’allié israëlien et a réussi à faire admettre à un conservateur endurci comme Benyamin Netanyahou la nécessité de la création d’un État palestinien. Ce n’est rien de moins qu’une avancée historique, qui devra être confirmée avec l’arrêt définitif de la colonisation et le réglement du statut de Jérusalem (on n’en est pas encore là).

 

Enfin, inversion spectaculaire des priorités militaires, de l’Irak vers l’Afganistan, là où se situent les vrais problèmes. En quelques jours, on a donc un retrait des forces américaines des centres urbains irakiens et une offensive massive des marines dans la province d’Helmand, fief des talibans jusqu’ici soigneusement contourné. Cette opération choc est à mettre en parallèle avec les efforts tenaces de l’armée pakistanaise dans la vallée du Swat. On assiste donc à une prise en tenaille des talibans, qui vise d’une part à couper leur ravitaillement par la frontière pakistanaise, puis à saper leurs bases arrières.

 

L’avenir dira sur quoi débouchera cette offensive, mais on peut déjà saluer la remarquable cohérence de la politique étrangère d’Obama. Le contraste avec les huit ans de l’ère Bush est franchement cruel pour ce dernier.

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Un commentaire pour “Diplomatie américaine : retour en force”

  1. Dillit dit :

    Belle analyse! Et l’ouverture continue avec la Russie de Medvedev/Poutine… Au point que ça inquiète les pays de l’est (pologne et ukraine en tête), Obama = Carter?

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