L’écologie est un humanisme
Il était un temps où le moteur de la civilisation européenne était l’humanisme. Cela paraît lointain désormais puisqu’il faut remonter au quattrocento italien pour en trouver la source. L’humanisme, qu’est-ce que c’est? Un courant de pensée qui remet subitement l’homme au centre du monde, au centre du réel et qui en fait la constante première de toutes les valeurs. C’est l’estime et l’amour d’une humanité libre.
Et le XXe siècle est passé par là, avec ses guerres industrielles et ses premières tentatives rationnelles et systématiques de négation de l’humain en l’homme. Les famines organisées (Ukraine, 1932), les camps de concentration, la bombe A sur le Japon.
Depuis, l’humanité ne peut plus se regarder en face, sans s’accuser silencieusement. Qu’elle se réclame à nouveau des valeurs humanistes et cela sonne affreusement creux : c’est le "malaise" ou la "crise" de la culture décrits par Sigmund Freud et Hannah Arendt. Comment en effet réinsuffler de l’humain dans l’humanité alors même que cette dernière a démontré que sa nature profonde était au moins aussi encline au mal absolu qu’au bien?
Le défi majeur de ce siècle sera d’opérer un retour aux valeurs fondamentales qui ont permis de dégager un consensus de civilisation à partir de la Renaissance et surtout des Lumières. Il ne faudra pas perdre de vue la variable "homme" alors que se dessine l’urgence écologique. Il faudra rester vigilant à ce que ce défi, noble par essence, ne se transforme pas à son tour en une notion totalisante.
L’écologie est un humanisme, prenons garde à ce qu’elle le reste.
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