Communication et défense

leclerc.jpgLe livre blanc de la défense nationale vient de sortir. Il donne les grandes orientations de la défense et des politiques de sécurité nationales jusqu’en 2015. Il annule tout le programme “armée 2015″ qui avait été lancé dans les années 1990 et réduit sensiblement les effectifs des trois armées. On connait tous l’explication, il n’y a pas d’argent. Nicolas Sarkozy veut donc réduire l’effort budgétaire 2,3% à 2% du PIB. On reste tout de même dans les 35-37 milliards d’euros par an, non c’est pas rien. En terme communicationnel, on appelle ça une politique de rénovation et d’optimisation (hu hu). En gros, moins de bases inutiles (on peut raisonnablement penser que l’Espagne ne planifie pas de nous envahir dans les 15 prochaines années), de services administratifs obscurs et de matériels immobilisés par manque de pièces, de moyens ou que sais-je encore.

 

Mais le problème est que depuis la chute de l’URSS tout le monde se voile la face. L’armée est en pleine déliquescence, non pas à cause des militaires, mais à cause d’objectifs lancés puis abandonnés, de programmes d’armements dans lesquels sont engloutis des millions d’euros avant qu’on se rende compte en haut lieu qu’il est inutile de continuer à les développer car les crédits ne tomberont plus, de toute façon. L’armée fait encore illusion, dernièrement tout le monde s’est félicité de la réussite de l’opération de sauvetage du Ponant, le voilier de luxe français pris en otage par des pirates somaliens. Sachez que trois navires militaires étaient présents. Qu’une barge a été mise à l’eau pour débarquer des forces d’intervention… elle a coulé ! Qu’un avion de surveillance a été projeté… il a failli perdre une hélice et s’est posé en catastrophe… que la Jeanne d’Arc, une des principales frégate de la flotte française ne pouvait s’approcher faute de munitions, etc. On voit donc l’écart entre la communication et la réalité.

 

Bref, l’armée a besoin d’un peu de stabilité, de vision sur le long terme, de cohérence et surtout d’opérabilité! Une part inquiétante des matériels (dont les chars Leclerc) ne peuvent pas servir, car une des maillons de la chaîne est à chaque fois absent. On a une frégate sans munitions, un porte avion sans hélice, un hélicoptère sans turbine etc, etc. J’exagère à peine. La communication est essentielle à une armée professionnelle, il faut bien qu’elle recrute. Mais lors d’opérations futures, ont peut s’attendre à des désastres retentissants si l’état des équipements n’est pas amélioré. A ce moment là, toute communication de défense deviendra difficile, pour ne pas dire un peu vaine.

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