Parapsychologie de concours

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J’ai entendu dire une fois que ce n’est qu’une fois qu’on atteint un objectif irréalisable qu’on se rend compte de sa finitude, de son aspect médiocre, insatisfaisant. Jamais je ne pourrai partager cet avis, surtout au lendemain du rush d’adrénaline pure, de joie débridée qui m’ont traversés lorsque j’ai appris que j’étais admis à mon concours. Avant cela, je n’étais qu’un admissible, c’est à dire virtuellement pas grand chose. Certes, être admissible, c’est une belle surprise, mais une surprise qui se révèle vénéneuse d’un point de vue psychologique. Elle te chuchote à l’oreille qu’après avoir effectué 95% du chemin, ça serait vraiment trop bête d’échouer devant l’arrivée. Ah oui, ça serait vraiment trooop bête.

 

La surprise te charge d’une pression qu’il faut savoir apprivoiser. Un mois et demi pour la dompter. Il a des jours où cela marche mieux que d’autres. Au fur et à mesure que l’échéance approche, l’arithmétique glacée des chiffres du concours se fait de plus en plus palpable. 12 candidats admis, 19 recalés. C’est aussi limpide que ça.

 

Le fait est que la focalisation de l’esprit sur cette simple idée pendant une longue n’est pas sans conséquences. On perd sa distance vis-à-vis des choses. On la retrouve, puis on l’égare à nouveau. Le flux du quotidien devient plus lent, on vit chaque chose beaucoup plus précisément, plus intensément.

 

A tel point que depuis hier et le rush d’adrénaline passé, la joie brute, si rarement saturée d’elle-même pendant toute une soirée, la fête et l’empathie collective, tout cela est retombé dans une sorte de léthargie tranquille, vaguement délicieuse. Comfortably numb, en quelque sorte.

 

Je n’aime rien de plus que de faire l’expérience du nouveau, de l’inédit. A tel point que je sais le reconnaître très vite lorsqu’il pointe le bout de son nez. Ce que je ressens n’est en rien du dédain pour la chance qui m’a été donnée, mais une sorte de retour à la normale. Comme un décalage horaire. Ou plutôt l’effet d’une décélération brutale, d’une vie tendue vers un objectif, à une vie soudain étonnée de sa réalisation. Et tout se passe comme si je ne ressentais plus rien, ou plus grand chose.

 

Ce lent retour à la normale, je vais aussi le mettre à profit pour dépoussiérer No direction home, quelque peu laissé à l’abandon ces dernières semaines.

 

Voilà. Bonne rentrée, les gens d’Internet.

 

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2 commentaires pour “Parapsychologie de concours”

  1. Emma dit :

    Félicitations :) Je laisserai de côté mes commentaires sur la suite… Good luck

  2. antony dit :

    Merci! Je ne m’inquiète pas pour la suite.

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