Twitter et les relations presse

En matière de journalisme, Twitter fait figure de nouvelle frontière. Entre autres exploits, il a changé la manière dont l’information circule en plaçant le journaliste quelque part au milieu de la chaîne du scoop et non plus à sa source. Désormais, l’information de première fraîcheur n’est plus l’apanage des journaux du soir ou encore moins des JT. Elle filtre 24h/24h, dans un flux continu d’informations provenant du réseau de veille que le petit oiseau permet de se tailler sur mesure. Twitter est à l’info ce que le percolateur est au café. Selon la thématique, l’évènement, l’heure de la journée, le journaliste sera tour à tour celui qui alimentera la machine en graines moulues ou qui sirotera le café fumant.
La métaphore peut sembler quelque peu capillotractée mais elle me semble importante pour illustrer ce qui nous intéresse, à savoir Twitter et les relations presse. A mon sens, le maître mot est "distiller". Les journalistes sont réceptifs à l’idée d’être pitché sur un sujet via Twitter tant que cela reste un pitch. Il ne s’agit pas de twitter systématiquement chaque communiqué de presse à sa liste "journaliste", mais plus d’agir en complément pour leur donner envie d’aller le lire.
A Rome, fais comme les romains
C’est là tout l’enjeu : Twitter est un média ultra-codifié qui implique d’en connaître les règles avant de s’y engager professionnellement et espérer s’en servir pertinemment. On ne DOIT pas (impératif catégorique) concevoir ce site comme une boîte à mail parallèle qui servirait à spammer le journaliste, mais au contraire interagir avec lui. Déjà parce qu’on postulera pour les besoins de ce billet qu’il est intéressant, ensuite parce que cela permet de connaître ses intérêts du moment et donc de choisir au mieux quand et comment délivrer son pitch. Sur Twitter, la forme a l’avantage sur le fond : rédiger un tweet en fonction de l’esprit du moment est un donc le meilleur moyen de lui attirer l’attention et le retour qu’il mérite. Pour boucler la boucle, il convient de témoigner de l’intérêt pour son travail, suivre ses tweets, lire ses articles en ligne et ne pas hésiter à retweeter les meilleurs d’entre eux.
En définitive, la base des relations presse n’est pas bouleversée par Twitter : il est toujours aussi important de consacrer du temps à comprendre ce qui intéresse vraiment un journaliste, sur quel type d’infos il sera le plus réceptif et par quel canal il aime être contacté.
The medium is the message
Pas de révolution fracassante, mais on peut constater que Twitter jouit d’un effet de mode significatif dans la profession. Certes, il reste encore confidentiel. Mais c’est précisément parce qu’il est confidentiel (où ressenti comme tel) qu’il est voué à prendre de l’ampleur avec le temps. Je suppose qu’aux temps héroïques des modems 14.4k, un communiqué de presse qui arrivait à un journaliste par e-mail (oui à l’époque, le courriel n’avait pas encore été inventé) retenait son attention jusqu’à la fin de la journée (au moins). Aujourd’hui, Twitter joue un peu ce rôle de média qualifiant.
Pour autant, il serait contreproductif de tout miser sur lui pour mener une gérer ses relations presse. Car internet est fait d’une substance encore plus volatile que les marchés financiers un mois de mai. De fait, l’intérêt pour Twitter pourrait s’émousser avec le temps et l’arrivée en masse de nouveaux utilisateurs (syndrôme Facebook) ou encore l’apparition d’un nouveau paradigme de communication tout aussi révolutionnaire que Twitter, mais plus jeune et donc plus attirant. Dans ce cas là, tous les efforts et les procédures dédiés à Twitter seraient perdus, ce qui serait dommage. La spécialisation augmente l’efficacité mais aussi la vulnérabilité : en matière de relations presse Twitter ne doit pas faire oublier le téléphone, le mail et le contact direct quand il est possible.
25 mai 2010 à 10:39
“Twitter est à l’info ce que le percolateur est au café”, très belle métaphore.
Conclusion optimiste sur le contact direct…même s’il risque de disparaître sous peu.
Les enjeux sont bien résumés, à une semaine près je m’en inspirais pour un partiel !
25 mai 2010 à 10:54
Désolé pour la synchro, j’ai un peu traîné pour poster ce billet… Mais en même temps, quelle responsabilité j’aurais eue ! :))
18 juillet 2010 à 17:28
l’avènement de twitter en cette année 2010, va changer énormément de choses dans l’avenir aussi bien de la presse que la divulgation d’information justes ou fausses, ont peut faire un buzz planétaire en 1 heures via twitter sur une fausse information qui pet être diffamatoire.
6 janvier 2011 à 14:33
Très bon post, analytique et surtout bien maîtrisé.
Merci pour les infos Antony.
PS : Je fais justement suivre on Twitter-)
Mehdi.
8 janvier 2011 à 0:09
Merci à toi pour le commentaire!