Trois bonnes raisons pour essayer le covoiturage

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Dans la longue liste des phénomènes angoissants sur lesquels nous n’avons aucune prise, il y a le réchauffement climatique, la surpopulation mondiale, la déforestation massive, la prolifération nucléaire, la coiffure imposée à Laurence Ferrari pour le 20h et la pollution automobile. Par exemple, nous devrions passer de 600 millions de voitures dans le monde à trois milliards en 2020. Au fond, on ressent confusément que tous ces problèmes sont liés. Le problème c’est nous. Alors on culpabilise. On aimerait pouvoir inverser la tendance globale en mangeant bio et en triant ses déchets (même si définitivement, cela reste sans effet sur les coiffures).

 

Contre toute attente, il semblerait que cela soit insuffisant. Alors depuis quelque mois, je teste le covoiturage. Typiquement, c’est le genre de solutions écolo qu’on envisage de prime abord avec méfiance, parce qu’on les imagine menacer les aspects les plus confortables de notre mode de vie. Et puis on les adopte parce qu’elles sont pleines d’avantages et de bon sens.

 

Car le covoiturage est une de ces solutions magiques qui ne connaissent pas de contrepartie négative. Et croyez-moi, elles sont rares. Malgré cela, on ne retrouve habituellement qu’un seul et même type de population : des étudiants, les jeunes diplômés/travailleurs qui sont dans cette zone grise entre le presque-confort-financier et la fin des réductions SNCF. Ce système pourrait profiter à beaucoup plus de monde, c’est dommage.

 

En dehors de la finalité écologique évidente, il y a finalement assez peu de raisons de faire du covoiturage. Mais elles se suffisent amplement à elles-mêmes.

 

Aspect financier

 

Et c’est évidemment le premier. A chaque fois que je réalise un trajet en covoiturage, je gagne de l’argent et j’en fais économiser à mes passagers. A la fin, tout le monde est heureux, on se hugge et tout, parfait. Le contraire d’un voyage à la SNCF où tout le monde fait la gueule en pensant au racket dont il a été la victime consentante, à l’odeur de sandwich au paté que le 48B a sorti à 10h37, etc, etc.

 

 

Aspect humain

 

Dans les transports en commun, chacun s’ignore, se scrute, ou lit du Marc Lévy. On n’engage la conversation qu’en dernier recours, lorsque c’est absolument nécessaire. En covoiturage, c’est tout l’inverse. Personne ne se connaît, mais chacun est curieux de savoir ce que fait l’autre. Je n’ai pas passé un seul trajet dans le silence pesant propre aux bus où autres rames de TER.

Mieux, les conversations sont souvent très intéressantes : on parle de tout et de rien, l’éventail est surprenant. Certains trajets commencent par Moundir l’Aventurier de l’Amour et se terminent par un cours de philosophie pré-socratique (et vice-versa). C’est génial.

Le covoiturage n’est donc pas un transport en commun, c’est plus un transport en (bonne) société.

 

 

Aspect pratique

 

Quel transport en commun propose des arrêts techniques personnalisés et s’arrange pour vous déposer juste en bas de chez vous? Vous attend si jamais vous avez 10 mn de retard ?

 

Voilà, j’espère vous avoir convaincu quel que soit votre âge. Nos sociétés actuelles ont plutôt tendance à isoler les gens les uns des autres plutôt que de les rapprocher spontanément. Le covoiturage va à l’inverse de cette logique : on se fait confiance à priori, sans se connaître, pour passer un bon voyage et arriver à destination dans les temps.

 

Prochain billet : une petite typologie des personnes que j’ai rencontré à travers mes petits trajets.

 

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