18 mai 2012 par antony |
art & culture |
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Il faut bien s’avouer qu’avec le temps, la capacité à s’émouvoir devant une oeuvre de fiction s’effrite. Les mêmes ressorts scénaristiques, usés sans ménagement par mille histoires différentes ne produisent plus que de tristes soubresauts. C’est à ce moment que les films deviennent « intéressants », « légers », « ambitieux », « atterrants ». C’est à ce moment là qu’on sort du cinéma, de la littérature pour entrer dans le discours. Dans l’art qui parle d’art, dans l’ennui souverain.
On se prend alors à regretter un accès direct aux oeuvres, au travers d’un oeil adolescent libre de surimpressions, de rémanences usées. On regrette ces atmosphères plus vraisemblables que les murs tapissés de cette pièce dans laquelle on n’est déjà plus.
Alors où faut-il chercher ? Dans toujours plus d’artifice ? Dans l’épure ? Saya Zamuraï a choisi son camp.
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5 février 2012 par antony |
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C’est un article du Monde daté du 26 janvier 2012 qui m’a mis la puce à l’oreille. Un journaliste s’est vu confier la mission de rencontrer des utilisateurs d’Autolib pour recueillir leur premières impressions. Une tâche qui s’est révêlée être bien plus ardue que ce qu’il s’était imaginé. En fait, les clients du service sont si rares qu’il a dû rester plusieurs jours à l’affût devant une borne, tel un chasseur de fauves. L’article révèle, ô surprise, que les beta testeurs n’ont pas vraiment le profil de M. et Mme tout-le-monde. A les lire, j’ai eu la sensation d’avoir à faire à de grands enfants à l’enthousiasme un peu inquiétant “j’ai l’impression de circuler dans un jeu video” ou à des militants exaltés d’une noble cause : “j’ai testé Autolib par curiosité et par idéologie car la location de voiture va remplacer la possession”.
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25 janvier 2012 par antony |
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J’aime beaucoup le genre mais ces derniers temps, je commence à faire une overdose des films qui annoncent la fin des temps. Ca devient terriblement banal à la fin. Mais par magie, Take Shelter arrive à traiter le sujet avec originalité et montre qu’il reste des milliers de choses à dire en matière d’apocalypse. Jeff Nichols ne commet pas l’inélégance de nous monter une énième façon de voir le monde se détruire et jusqu’au bout rien ne paraît changer. Dans le film, la société telle qu’elle est dépeinte reste décevante, banale et indifférente jusqu’au générique de fin.
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31 octobre 2011 par antony |
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Travailler dans la culture est un privilège. Travailler dans la culture est un sacerdoce. Travailler dans la culture est une belle idée. Travailler dans la culture est une bonne manière de briller dans les dîners en ville. En somme, il est de bon ton de travailler dans la culture. (même si c’est un peu frivole tout de même)
Or en temps de crise économique, tout ce qui est frivole devient suspect. L’utilité se pose comme la mesure de toute chose. Notre vision collective se rétrécit, elle se fait efficace. En temps de crise, la culture devient d’autant plus secondaire qu’elle est généralement considérée comme un luxe insensé, réservé aux initiés. On ne construira pas Versailles au XXIème siècle.
La culture est frivole, donc. Elle est événementielle, biennale, saisonnière, festivalière, elle se vend et s’achète. Partout, elle s’expose. On l’entend dans la rue, on la retrouve dans l’assiette, on la boit en bouteille, on l’achète en grande surface, on la regarde à la télévision, on en parle dans le métro, on s’assoit dessus, on la porte en bandoulière ; tout est bien.
La culture devient un hobby alors qu’elle est tellement plus que cela. Son sens originel en fait quelque chose de radical, « un traitement à appliquer aux enfants pour qu’ils deviennent hommes », « une raison d’être telle qu’elle peut maintenir debout, inflexible et fidèle » si tout le reste venait à exploser et ou à se volatiliser. Un trésor qui se suffit à lui-même.
Voilà pourquoi lorsque je m’interroge sur mon futur métier et le rôle des bibliothèques dans la société, je me rends compte alors que travailler dans la culture n’a rien d’accessoire, de frivole, ni de futile. C’est une œuvre de civilisation, porteuse de sens, qui tient du permanent.
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8 juin 2011 par antony |
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Il m’a toujours paru étrange de bailler dès la 10ème page d’à peu près tous les mangas qui me sont tombés dans les mains. Jusqu’au jour où une amie m’a prêté le Gourmet Solitaire en m’expliquant en substance :
« c’est génial, c’est l’histoire d’un mec qui passe son temps à manger des plats typiques dans des restaus au Japon. C’est un peu bizarre à lire au début, mais on se prend au jeu et ça permet de découvrir le pays d’une façon vraiment différente. »
Bizarre, Le gourmet solitaire l’est sans conteste. Mais dans un bon sens. L’absence d’intrigue, le personnage, le sujet principal, tout est joyeusement décalé. Contre toute attente, on prend un vrai plaisir à suivre les tribulations d’un anti-héro flegmatique dont les seules aventures sont d’oser commander un bol d’anguilles grillées dans un Nomiya (bar à alcool) à 9h30 du matin.
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2 avril 2011 par antony |
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Phase 1 : chaque velo’v est un ravissement pour l’oeil. Sa robe rouge a des reflets charmants qui changent selon les heures de la journée. Il peut vous amener n’importe où : il suffit de lui montrer la bonne direction. Sa selle est confortable, son guidon précis. L’enfourcher relève de la symbiose. Mieux : le velo’v vous garde en forme et vous donne une bonne conscience écologique dont vous faites régulièrement étalage. Vous virevoltez dans le trafic congestionné de Lyon en vous riant de ces idiots d’automobilistes.
Phase 2 : vous avez repéré plusieurs personnes en galère avec leur velo’v, mais avez estimé qu’elles n’étaient pas très douées. Parfois, vous découvrez avec étonnement que certaines bornes velo’v sont saturées, ou complètement vides. La faute à pas de chance. Vous avez toujours foi dans le système.
Phase 3 : les beaux jours arrivent. Tomber sur une station qui ne soit pas désespérément vide relève du miracle. Le velo’v libre devient un cadeau céleste, qui descend de l’Olympe entouré de chérubins. Vous passez 15mn a courir comme un poulet sans tête de borne en borne pour en trouver un. Parfois vous en repérez un, mais c’est comme un mirage dans le désert : il est probablement crevé, sans pédale ou chaîne. Du coup, vous arrivez systématiquement en retard à vos rendez-vous, voilà pour vous. Vous revoyez entièrement votre paradigme de déplacement.
Phase 4 épilogue : vous récupérez votre voiture là ou vous l’avez laissée (elle est probablement à la fourrière à l’heure qu’il est), vous bougonnez dans les bouchons et insultez mentalement tous ces hipsters agaçants qui vous doublent en vélo rouge.
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8 janvier 2011 par antony |
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En art, il est toujours difficile de prendre les "fils de" au sérieux. Comme si le talent était une substance héréditaire. Les "fils de" expliquent en général que c’est une malédiction, qu’ils ont dû se battre deux fois plus que tous les autres pour exister. Ca a été super dur, essayez de comprendre un peu. Pourtant au pays de l’exception culturelle, les "fils de" sont considérés comme des valeurs sûres, de bons placements. Et comme la France est un pays qui n’aime rien tant que les valeurs sûres, la France vénère Sofia Coppola.
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31 décembre 2010 par antony |
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Le dernier post de l’année 2010 est arrivé juste à temps. Il parle de Los Angeles, la ville-monde.
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17 décembre 2010 par antony |
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2010, année des fuites. Après l’invraisemblable épisode Wikileaks, une slide Powerpoint de chez Yahoo s’est retrouvée en pâture sur Twitter. Je vous l’accorde, cette fois-ci cela ne fera pas vaciller le monde sur son axe, mais on y apprend tout de même que l’ancienne start-up a décidé de fermer son service de favoris en ligne, delicious. Un service pionnier, dont la petite icône bleu et noire émaille à peu près toutes les pages internet qui produisent du contenu original. La restructuration a ses raisons que la raison ignore, mais c’est sans doute à ce prix là que Yahoo continue sa survie laborieuse dans le monde cruel et changeant de l’INTERNET MONDIAL.
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5 novembre 2010 par antony |
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Vous connaissez les Craypion d’or? Il est pratiquement impossible qu’il en soit autrement, au vu de la couverture médiatique nationale dont ils ont bénéficié. Europe 1, Le monde.fr, France Soir leur ont consacré du temps d’antenne ou un article… C’est d’ailleurs assez inhabituel pour une initiative web en forme de grosse blague potache.
Les Craypion sont donc l’oeuvre d’Henry Michel, notre Sacha Baron Cohen national. Comme lui, il a créé un personnage conceptuel : non pas Borat ou Brüno, mais Jean-René Craypion. Jean-René est un type attachant, qui représente à lui seul toute une génération de web-consultant/communicants/experts en TIC aux tempes un peu grisonnantes, qui sont pratiquement toujours en retard de 10 ans sur ce qui se fait dans leur domaine. Ils sont très sûr d’eux, forts de leur expérience d’hommes mûrs mais sont souvent à côté de la plaque, mélangeant les notions en prétendant les expliquer au profane. J’en ai connu, je suis sûr que vous aussi.
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